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«Je sais qu’il est infiniment douloureux de prendre congé d’un endroit où l’on a vu s’épanouir dans nos espoirs tous les fruits et toutes les fleurs de l’humanité. Mais il nous reste nous-même et quelques-uns, et n’est-ce pas une belle chose aussi que de trouver tout un monde en soi-même et en quelques-uns? D’une manière générale je me console à l’idée que toute fermentation et toute dissolution aboutissent nécessairement soit à l’anéantissement, soit à une organisation nouvelle. Mais il n’y a pas d’anéantissement, donc la jeunesse du monde doit ressurgir de notre décomposition. On peut bien dire avec certitude que jamais le monde n’a présenté un aspect aussi chaotique qu’à présent. Il n’est qu’une infinie variété de contrastes et d’oppositions. De l’ancien et du nouveau ! Culture et sauvagerie ! Méchanceté et passion!» Note (crayon de couleur noir) : je me demande toujours si l’éternité de la littérature ne repose pas simplement sur ses expressions fréquentes de lieux communs qui, par suite, ne peuvent pas vieillir. Ce qu’écrit-là Hölderlin pourrait être écrit aujourd’hui sans changer un seul mot…
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